LES FAMEUSES CARICATURES!!!

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 5 février 2006

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CI-DESSUS, L’AVATAR MEXICAIN DE MARIANNE, « LA MADRE PATRIA ». C’EST EN EFFET L’INCARNATION DE L’ESPRIT DE LA FRANCE DES LUMIÈRES ET DE LA RÉPUBLIQUE SUR LA TERRE MEXICAINE. ALORS CETTE FEMME REPRÉSENTE LA « REPùBLICA MEXICANA »)
Faut-il s’en prendre comme ça aux symboles de notre Mère Patrie ?
Le drapeau français brûlé, la Liberté de penser de notre francité (re)mise en question à cause de ces caricatures dites « blasphématoires »!!!

Qu’est-ce que le blasphème donc ???
Dire ce qu’on pense de tous les Saints de la Terre qui ne furent ni pires ni meilleurs humains que nous autres ???
Unissons-nous francophones du monde entier afin de défendre notre héritage issu des Lumières, parce que la langue française et l’être français sont porteurs de cette délivrance si salutaire à nos esprits, voire à nos âmes…

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NOUVEL AN – NOUVELLE FRANCE

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 22 janvier 2006

ICI EN FRANCE, ON SE POSE UN TAS DE QUESTIONS À PROPOS DE L’IDENTITÉ FRANçAISE. JE ME DEMANDE DONC COMMENT CELA SE FAIT QUE DE L’AUTRE CÔTÉ DE L’ATLANTIQUE, « ON SE RÉCLAME DE LA FRANCE »!!!

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AINSI, JE VOUS RECOMMANDE CE SITE SUPERBE QUI PEUT NOUS FAIRE RÉFLECHIR SUR CE QU’EST L’ « ÊTRE FRANçAIS » :

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Lien France-Mexique bis

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 11 décembre 2005

Pourquoi « nos ancêtres les Gaulois* » ont-ils choisi le Mexique comme terre promise plutôt qu’un autre pays de l’Amérique dite « Latine »? Cette question, je me la pose « en me rasant » tous les matins. En voici quelques pistes que j’ai trouvées précisement aujourd’hui dimanche 11 décembre 2005, jour du Seigneur des Agneaux où je suis pas censé me raser :

LES FRANçAIS AU MEXIQUE
REVUE FRANçAISE D’HISTOIRE D’OUTRE-MER Anciennement Revue d’histoire des colonies 1913-1958 PARIS

STATUT JURIDIQUE DES ÉTRANGERS DANS LES POSSESSIONS ESPAGNOLES
*En général les français établis au Mexique – et nous avons pu en dresser une liste de plus de 800 – se souciaient peu de devenir citoyens espagnols. Peut-être jugeaient-ils que les démarches risquaient d’attirer sur eux l’attention d’une administration plus tracassière que sévère. *Deux Français, Clément de la Fragua, directeur de la Régie des Cartes à jouer et Bernardo de Miramon, ancien secrétaire du Vice-roi marié à une riche Espagnole, obtinrent leur naturalisation vers la même époque , probablement parce qu’ils occupaient un rang plus élevé. *Un Français moins fortuné vit sa demande rejetée lorsqu’on sut qu’il sut qu’il s’appelait non José Garcia comme il l’avait déclaré mais Hourat. Pour se justifier il fit valoir que ce changement de nom avait facilité son entrée au Mexique. Ce détail nous intéresse car apparemment beaucoup de Français en usaient de même en arrivant à leur nouvelle patrie. p. 146 * … Il semble bien … qu’en général les étrangers aient vécu au Mexique sans avoir à se préoccuper de papiers ou de permis de séjours. *… dès le XVIe siècle, les Français étaient nombreux en Espagne et au XVIIIe siècle la plus grande du commerce des Indes se trouvait entre leurs mains. p. 147 *… Les idées francophiles de Gàlvez devaient être bien connues à Mexico puisqu’en 1774 dans leur interrogatoire, plusieurs « afrancesados » parlèrent mystérieusement d’un complot ourdi par ce Vice-roi désireux de se libérer de la tutelle du roi d’Espagne. p. 150 * D’autre part, les troupes espagnoles en garnison au Mexique semblent avoir été formées d’unités bien cosmopolites. Un recensement du Régiment d’Amérique exécuté en 1760 donne une liste complète de tous les soldats avec leur lieu de naissance. … Sur 600 hommes composant ce régiment, 23 au moins étaient nés en France ou en Wallonie. En 1768 un autre régiment étaient composé de trois bataillons dont les noms sont révélateurs : Savoie, Ultonia et Flandres. Dans ce dernier, sur 644 hommes figuraient 214 Français, 75 Allemands et Flamands, et 148 Italiens. Quelques uns de leurs officiers appartenaient à la noblesse de France, le capitaine François de Mortemart, le capitaine Alexandre d’Harcourt et deux Groes. p. 151 * Le rapprochement franco-espagnol amena donc au Mexique des hauts fonctionnaires français qui se déplaçaient avec leur domesticité et aussi des soldats dont bon nombre semblent avoir cherché à déserter l’armée. Il est vraisemblable que ces domestiques et ces soldats purent rester au Mexique en changeant de nom. p. 153
RÉSIDENTS FRANçAIS AU MEXIQUE
* La plupart des Français établis au Mexique lors du recensement ordonné par le Vice-roi Branciforte en 1795, déclarèrent qu’ils avaient vécu en Espagne avant de s’embarquer pour le nouveau monde. Ces affirmations étaient peut être erronées. Nous avons vu en effet qu’une loi permettait aux étrangers établis depuis dix ans en Espagne de passer aux Indes. Cependant, il est probable que quelques uns des nombreux Français établis à Cadix ou à Séville – ils y étaient si nombreux qu’on les désignait d’un nom spécial, les « Jenizaros », voulurent tenter fortune au Mexique. D’autres résidents de Nouvelle-Espagne reconnurent toutefois être venus directement de leur pays. C’était le cas de quelques marins qui, tombés malades à Veracruz, y étaient restés. Enfin certains prétendaient avoir été faits prisonniers par les Anglais et être arrivés au Mexique après avoir réussi à s’échapper de la Jamaïque. pp. 153 – 154 * Comme on peut l’imaginer, une fois installés, les immigrants cherchaient à faire venir d’autres membres de leur famille. C’est ainsi qu’arrivèrent quatre neveux des deux frères La Borda, riches prospecteurs des mines de Taxco. Deux d’entre eux, les frères Permartin, béarnais, vivaient à Zacatecas où ils gagnaient confortablement leur vie. C’est ainsi qu’arrivèrent quatre neveux des deux frères La Borda, riches prospecteurs des mines de Taxco. p. 154 * Grâce à une centaine de déclarations où les intéressés avaient apposé leur signature ou une croix lorsqu’ils étaient illettrés, il nous a été possible d’établir que 30% seulement des Français établis au Mexique (en comprenant les soldats) ne savaient pas écrire. Cette proportion, pour hasardeuse qu’elle soit, indique que ces étrangers étaient d’un niveau culturel bien supérieur à celui des Mexicains parmi lesquels ils vivaient. * Un tiers de ces Français étaient établis à Mexico mais il en existait une importante colonie à Veracruz qui, dès cette époque, devait être un port très cosmopolite. Les centres miniers de Zacatecas et de Guanajuato avaient attiré un certain nombre de Français qui, sous la révolution, se signalèrent par leurs idées avancées. Enfin 21 – plus qu’à l’heure actuelle – vivaient au Yucatan, probablement en raison de la proximité de cette péninsule avec la Nouvelle-Orléans. p. 156 * Des documents mentionnaient souvent la province d’origine des immigrants. Beaucoup venaient des confins de l’Espagne mais les Limousins et les Auvergnats apparaissent presque aussi nombreux. … Enfin nous avons relevé la présence de quelques Parisiens qui, au début de la Révolution Française, se signalèrent par leurs discussions politiques et leurs idées subversives. p. 155 * Le groupe le plus important, 28, est celui des marchands. … A Mexico le doyen de la colonie française, Pedro Moreno, courtier ( corredor del comercio ) en possédait 11.000 et la description de son mobilier indique qu’il était riche. Ces marchands ambulants et boutiquiers ne pouvaient manquer d’exercer une certaine influence sur les idées de leurs clients. En 1794, le colporteur Pedro Burdales fut arrêté et convaincu de propagande maçonnique sur une dénonciation du curé de Molango (Hidalgo) auquel il avait offert quelques opuscules écrits en français concernant la Révolution française à ses débuts. p. 157 * Enfin, bien des Français s’étaient établis fermiers. Les documents les mentionnant rarement, probablement parce qu’isolés à la campagne, ils étaient plus facilement hispanisés. … Quelques uns, enfin, n’avaient pas réussi du tout et sont désignés comme mendiants dans le recensement de Branciforte, par exemple, l’aveugle, Pedro Lecurt, qui possédait toutes fois quelques biens. Ce ne sont là que des exceptions. Dans l’ensemble les Français établis au Mexique au XVIIIe siècle semblent avoir prospéré. p. 159 * Il a été possible de recueillir des renseignements assez complets sur la situations matrimoniale de ces immigrants. … Certains, peu nombreux, certains étaient venus avec leur épouse française … ou espagnole, mais la plupart avaient pris femme au Mexique. La caste raciale à laquelle celles-ci appartenaient est le plus sauvent mentionnée. Trous Français avaient épousé des mulâtresses ou quarteronnes, cinq ou six des Indiennes mais la plupart s’étaient unis à des « espanolas », c’est à dire à des créoles (blanches nées au Mexique). p. 160 * Les Français étaient donc assez nombreux en Nouvelle-Espagne à cette époque et souvent, par leur position sociale, ils devaient être à même d’exercer une influence certaine encore que peu aisément discernable sur les esprits des « fidèles sujets » du roi d’Espagne. p. 161

Extraits de « Chronique de la Révolution » sous la direction de Jean FAVIER, directeur des archives de France. Larousse, 1989.

Mexico, 8 septembre
La rumeur s’est brusquement amplifiée. Nourrie par le journal local, Noticias de Mexico, elle a livré des secrets d’une conjuration qui serait ourdie par des Français et des créoles contre le gouvernement (se reporter à la colonne ci-contre « La France au Mexique »). À tout moment, des hommes armés risquent d’investir le Palais-National, de tuer des les dirigeants et de soulever la Nouvelle Espagne. De quoi mettre la capitale en ébullition. Car, ici plus qu’ailleurs, la population ne supporte plus le pacte colonial avec l’Espagne. Aussi, qu’il soit fictif ou non, le complot vient de révéler les tentions d’une ville qui vit sur une poudrière.
(p.447 09/1794)

Mexique, 26 novembre
Le vice-roi Branciforte s’inquiète de la diffusion de la propagande révolutionnaire dans ses provinces (idem aller à « La France au Mexique »). On vient de découvrir des jeux de cartes venus de Cadix et décorés d’images qui représentent la mort de Louis XIV, de Marie-Antoinette et de Mme Élisabeth. À première vue, cependant, ces jeux ne semblent pas de nature jacobine, et les scènes qu’ils représentent inspireraient plutôt de la pitié pour la famille royale. Mais le vice-roi se méfie tellement des Français, les qualifiant de « séditieux et propagateurs de semence infâme, qu’il décide de des sanctions contre les utilisateurs de ces jeux. Les poursuites judiciaires contre les Français soupçonnés de sympathie pour la Révolution seront renforcés.
(p.549 11/1796)

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Enfin, sur la photo ci-dessus, on peut voir une maison franco-mexicaine du village de Jicaltepec. On remarque « las banderas », symbole patriotique auquel les Mexicains vouent un culte très fervent. Les trois couleurs, vert-blanc-rouge, ont été, à mon avis, choisies comme propres aux valeurs républicaines. Rappelons-nous que les Révolutionnaires de 1789 ont failli adopter aussi le vert pour confectionner drapeau républicain français. Cependant, cette couleur leur rappelait « la couleur de livrée du compte d’Artois, le plus ahï des princes ». Et c’est pour cela qu’ils ont choisi le bleu qui faisait partie des couleurs de la Ville de Paris. Celles-ci « avaient déjà symbolisé les émotions populaires des siècles précédents »(Chronique de la Révolution, p.176). J’ai donc du matos pour mes futures réflexions. A+ !
*Les Français ont toujours été appelés au Mexique « los Galos » (les Gaulois). Donc, ça n’a rien a voir avec Vercingétorix et Cie.

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Une commune française franco-mexicaine

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 25 novembre 2005

photo10.jpg Ci-contre, image prise à l’entrée du village de Champlitte en Haute-Saône (70), l’un des foyers de la migration française vers Jicaltepec-San Raphaël (Mexique) dont j’avais promis que je parlerais quelques lignes plus bas (ou rubrique « Sur place » : Intro : Jicaltepec-San Raphäel) et je le ferai, juré promis ! -.

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MON IDENTITÉ FRANçAISE illustrée!

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 21 novembre 2005

photo9.jpgL’image ci-contre représente mon identié française (francophone). Pour moi la France est cette rencontre de plusieurs cultures. L’histoire de mon arrière-grand-père paternel -que je raconte dans un texte inséré quelques lignes plus haut- a donné cette production (artistique?). C’est un « autel des morts » que l’on monte dans les maisons mexicaines à la Toussaint, héritage culturel m’ayant été transmis par ma mère, dont je suis si fier, Donya Béatriz CRUZ. Il est composé essentiellement des gros gâteux marron (panes de muertos) que vous voyez au centre de l’image. En effet, on les fabrique en pensant à ceux qui ne sont plus là. C’est pour cette raison qu’on a l’habitude de mettre aussi sur l’autel la photo de l’être cher parti. Pour ma part, ce 1er novembre dernier j’ai pensé à mon cher ami de Nouvelle France Daniel MARCOUX, qui nous a quittés l’an dernier à la même époque. Daniel se fait accompagner sur cet autel par des squelettes (Catrinas o Parcas). Aussi, j’ai pris soin d’y ajouter quelques raisins et un verre d’eau au cas où il aurait soif après avoir « mangé » mes gâteaux. Ah! Et je n’ai sourtout pas oublié la bouteille de tequila, car c’était un vrai borracho (soulard) mon pote!

Par ailleurs, j’ai posé sur mon autel inconsciemment des drapeaux, dont celui du Québec, évidemment, et celui de l’Acadie. Ce dernier élément me semble être celui qui explique mon attachement à l’esprit français. Ces bleu-blanc-rouge me rappellent mon adhésion aux valeurs républicains tel qu’on les connaît ici en France – où je suis installé depuis le 22 septembre 2001-, ainsi que l’étoile jaune (ou Étoile de Marie) me lie à l’histoire de cet être mythique que fut mon arrière-grand-père DORRIEN. Grand-père DORRIEN partagea le même sort que celui de mes demi-cousins acadiens, à savoir partir de France aux Amériques pour y trouver un peu de LIBERTÉ et y BÂTIR UN MONDE NOUVEAU.

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CHANGEMENT RADICAL

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 5 novembre 2005

photo8.jpg Je voulais faire de ce site internet un site très académique. Mais les évènements qui se passent actuellement chez moi en Île-de-France (Paris et sa banlieue) m’ont fait changer d’avis. Pourquoi? Parce que je ne saurais expliquer mon sentiment d’appartenance à cette France mythique avec des mots savants. Pour moi, la France est plus qu’un territoire (politique)! En effet, la France, c’est une histoire faite d’espérences et de rencontres inter-culturelles. C’est un idéal qui se répand sur tous les continents ; à savoir vivre en LIBERTÉ en juissant de nos droits fondamentaux, chercher à tout prix l’ÉGALITÉ pour tous les êtres humains indépendemment de leur origine ethnique ou de leur religion et cohabiter avec nos voisins dans la FRATERNITÉ, tels les Acadiens et Québecois qui m’ont montré leur belle Nouvelle France.

Ainsi, je continuerai à chanter les louanges de cette appartenance à la France qui est la mienne car je noublie jamais ceci : (une partie de) « mes ancêtres étaient Français et tout ce qu’ils voulaient c’est VIVRE EN PAIX! » :

AUX FAUTEURS DE TROUBLES EN FRANCE
Dans tous les pays, ainsi que dans toutes les époques, il y a eu des exlus! Il serait plus convenable d’adopter une autre attitude. Voici donc des extraits de paroles qui nous donnent d’autres idées à quoi réfléchir : « On porte toujours en soi un peu de son pays Et moi je n’oublie pas que je suis d’Acadie Si mon histoire est triste, ce n’est pas votre faute Mais SOYONS DES ARTISTES, ÉCRIVONS-EN UNE AUTRE QUI SERA BIEN PLUS BELLE, BEAUCOUP MOINS DRAMATIQUE Avec des arcs-en-ciel, d’la danse et d’la musique À partir d’aujourd’hui, BÂTISSONS L’AVENIR EN GARDANT DU PASSÉ [QUE] NOS PLUS BEAUX SOUVENIRS […]Gran-Pré, tout un peuple qu’on a déporté Gran-Pré, une page d’histoire qu’on a déchirée Gran-Pré, les maisons, les fermes brûlées Tout c’qu’on avait bâti s’est effondré… […]… Non, elle n’est pas venue, la si terrible guerre Qui déchire les familles et crée tant des frontières Si c’est ça mon histoire, je refuse d’y croire Je préfère oublier ce qui est arrivé. Gran-Pré, je ne veux pas vous faire pleurer Gran-Pré, mais je ne peux pas oublier Gran-Pré, que mes ancêtres étaient Français Et tout ce qu’ils voulaient c’est vivre en paix Gran-Pré, nous n’étions que quelques miliers Gran-pré, nous n’avons pas abandonné Gran-pré, aujourd’hui nous pouvons rêver. Trois millions d’Acadiens et d’Acadiennes continuent à chanter. Nous avons survécu. Nous sommes les invaincus. Nous nous sommes relevés. Nous avons triomphé. Nous connaissons, la guerre, la faim et la misère. Mais nous n’avons ni frontière, ni haine, ni regard en arrière. Nous marchons droit devant. Vers le soleil levant. Fiers de notre héritage. Parlant notre langage… »
(paroles appartenant aux Éditions Angèle Arsenault)

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Jicaltepec-Ran Raphaël (suite)

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 29 octobre 2005

Profitez de cet extrait de l’entrevue que j’ai eue avec le dernier des francophones de la région, M. Arturo THEUREL. Cela a a été vraiment chouette!
«…Ce village [San Rafael, Mexique] dans lequel vous êtes a été fondé en 1833 par des Français [paysans] qui venaient de Camplitte. [ …] Mon grand-père était français, il venait [aussi] de Champlitte. […] Jusqu’en 1920, ici, ça a été une espèce de colonie [française]. On appelait ici comme ça, La Colonie. [Il] y avait même un vice-consul…»
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Intro : Jicaltepec-San Raphäel

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 23 octobre 2005

photo6.jpg Ci-contre, place principale du village franco-mexicain de Jicaltepec, État de Veracruz (Mexique), fondé en 1833 par des immigrés français originaires de Champlitte (70), département de la Haute-Saône. il existe dans ce pays des descendants d’immigrés français arrivés entre 1830 et 1910, devenus aujourd’hui mexicains, qui souhaiteraient renouer avec leur passé. C’est ce que j’ai pu constater suite à plusieurs voyages faits dans les principaux foyers de cette présence française à savoir les régions de Mexico, de Puebla et de Veracruz. Quelques personnes que j’y ai rencontrés (se revendiquant en tant Franco-mexicains) m’ont fait part de leur souci de voir leur mémoire, voire leur spécificité culturelle.
Le but de mon voyage (les 24 et 25 septembre 2005) était de rencontrer d’autres Mexicains d’origine française ayant un profil complètement différent de celui des Français des métropoles mexicaines (Barcelonnettes et autres) : devenus aujourd’hui mexicains, quelques Mexicains d’ascendance française vivant actuellment dans la région du Rio Nautla essaient, à l’instar du groupe français-barcelonnette, de préserver une mémoire collective qui leur rappelle leur pays d’origine.

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Lien France-Mexique

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 13 juillet 2005

photo5.jpgBarcelonnette, petite ville des Alpes de Haute Provence, fournit avec sa région un grand nombre de travailleurs au Mexique durant une bonne partie du XIXe et du XXe siècles. Pour sa part, le Mexique, terre idyllique pour l’imaginaire romantique des Européens de cette époque, fut à la fois un pays d’exil et une terre promise pour de nombreux immigrants français. Ce contexte maintenait dans un étroit rapport deux peuples, voire deux cultures.

Nous savons, aujourd’hui, qu’une « colonie » française dont la caractéristique principale était d’être économiquement très engagée dans la vie locale, vit le jour au Mexique. Elle jouissait alors d’une omniprésence culturelle, économique et politique au sein de l’Etat-nation dont nous pouvons repérer des traces jusqu’à nos jours. En effet, quel Mexicain d’aujourd’hui ne se souvient pas de la célèbre Bataille du 5 mai 1863 (La Batalla del 5 de Mayo), fait quasiment effacé de l’historiographie française en raison de la défaite de l’armée de Napoléon III lors du premier siège de Puebla. Sachez donc, qu’à la même époque, il y avait déjà une communauté d’expatriés français, dont la communauté barcelonnette. Ce sont quelques exemples qui illustrent le croisement des histoires française et mexicaine. Pourait-on parler d’histoire franco-mexicaine ?

La mémoire forgée à partir des contacts interculturels entre la France et le Mexique s’avère être le socle d’une remarquable «formation historique évolutive», ayant donné naissance à la revendication d’une double identité mexicaine et française.

Il nous reviendra de déplier en ses divers aspects (historique, anthropologique, sociologique) la nature de l’identité des Barcelonnettes mexicains-Mexicains d’origine barcelonnette.

Armando PAREDES CRUZ
Doctorant à l’Université de Paris 8

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Histoire franco-mexicaine

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 5 juillet 2005

photo4.jpg(image d’un document appartenant aux fonds du Musée de la Vallée de Barcelononnette-Association Sabença de la Valeia fournie par sa directrice Mme Hélène HOMPS)

TRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE « LES RELATIONS FRANCO-MEXICAINES…UNE LONGUE HISTOIRE » FAITE LE 10 NOVEMBRE 2004 À LA MAISON DES MÉTIERS D’ARTS DE MARMANDE (FRANCE) AVEC LE CONCOURS DE L’ »INTI, SECTION DE L’AMICALE LAÏQUE DE MARMANDE »

« Barcelonnette pour un enfant [mexicain] âgé de 8 ans était un mot magique,
un nom lié aux grands vacances d’été
passées en France, dans les Alpes de Haute Provence, pendant les années 1950.
Saint Pons, Jausiers, Le Sauze, La Madeleine…
Quelques lieux de randonnée qui longent la rivière de l’Ubaye. …»
(Jean MEYER, historien franco-mexicain, 1997.)

Cette conférence prétend faire connaître l’état des travaux de recherche sur l’histoire franco-mexicaine que j’ai réalisés au sein de l’ALHIM de l’Université de Paris 8.

Depuis deux ans, j’ai entrepris une tâche de révision de l’histoire mexicaine du point de vue de l’influence culturelle, idéologique et politique de la France sur Mexique qui aboutit à la rédaction de deux mémoires : une maîtrise sur L’influence française sur le Mexique du XIXème siècle : le rôle culturel, économique et politique de la France dans la construction du jeune Etat-nation mexicain et un D.E.A. sur Les aspects interculturels de la migration barcelonnette au Mexique : histoire mémoire et identité.

Ces deux recherches ont donné naissance à mon actuel projet de thèse, dont l’objet d’étude est la migration, l’installation et l’adaptation des Français originaires de la vallée de Barcelonnette au Mexique, immigration qui s’étend depuis la fin du XIXème jusqu’au début du XXème siècles.

En effet, après avoir parcouru les tissages de l’histoire franco-mexicaine j’ai décidé d’aller au-delà du simple décomptage des évènements historiques pour m’intéresser aux Français du Mexique, dont les leaders de la colonia francesa (colonie française) les Barcelonnettes. Ainsi, pendant le déroulement de mon enquête, j’ai pu alors découvrir l’existence d’une «association de descendants de français» fondée l’an dernier à Mexico sur un site Internet consacré aux expatriés français (Le Petit journal.com).

C’est ainsi que ces expériences m’ont amené à me poser les questions suivantes : de quelle manière l’histoire franco-mexicaine a agi pour qu’il existe des individus revendiquant une double appartenance culturelle d’abord mexicaine, puis française ? -A ce propos, selon Maurice PROAL et Pierre MARTIN CHARPENEL auteurs de L’Empire des Barcelonnettes au Mexique, le nombre de descendants de barcelonnettes vivant au Mexique est supérieur au nombre de d’habitants de la Vallée de l’Ubaye. Ces auteurs mettent l’accent aussi sur le fait que la ville de Barcelonnette est actuellement considérée comme la seule ville mexicaine de France-.

Intro : Le Mexique dans l’orbite culturelle de la France

Les Barcelonnettes du Mexique, à l’instar d’autres peuples, possèdent un événement originaire qui a marqué le début de leur histoire. Cet événement remonte à l’installation du premier immigré barcelonnette au Mexique, le célèbre Pierre Arnaud. Il fonda en 1821 le «magasin des 7 portes à Mexico». Cependant on peut se demander comment se put-il qu’un étranger ait pu fonder un commerce dans un pays venant de se secouer du joug espagnol, et surtout, étant jaloux de son indépendance ? La thèse la plus plausible des spécialistes de l’histoire franco-mexicaine semble être celle de la francisation ou afrancesamiento, attitude issue d’un profond sentiment francophile habitant la noblesse et les élites de l’ancienne Vice-Royauté de la Nouvelle Espagne du Mexique. Ceci permit l’installation de plusieurs immigrés français dans ce pays, avant même la fondation du magasin de Monsieur Arnaud.

En effet, d’après l’historien Mexicain Alfonso Alfaro, suite à la signature du traité d’Utrecht de 1713, l’Empire espagnol était passé des mains de la maison d’Autriche à celles des Bourbons, dont l’influence politico-culturelle s’étendit à tous les royaumes hispano-américains. Cet argument se voit renforcé par les constatations faites par des voyageurs-ethnographes, telles celles de Désiré Charnay qui, un siècle après, décrit ainsi le milieu afrancesaso et cosmopolite dans lequel vivaient les urbi mexicaines : «Nous avons dit qu’à Mexico le centre de la ville était européen, presque français. Dans les rues de Plateros, San Francisco, de la Profesa, del Espiritù Sant, etc., on entend souvent le français que l’espagnol ; presque tous les gens bien élevés parlent notre langue. Dans ces quartiers le paletot et la redingote dominent , le chapeau noir est bien porté ; les jeunes gens y sont mis à la dernière mode…» .

1. Origine des migrations françaises au Mexique

Dans ce contexte historique conditionné par les tendances culturelles francophiles des dirigeants du Mexique, que l’on appelle couramment l’afrancesamiento ou francisation, plusieurs vagues d’immigration se succédèrent. D’abord, ce fut le cas des migrants urbains, artisans ou commerçants qui suivirent l’exemple de Mr Arnaud : «Le système de l’auto-recrutement – c’est-à-dire l’appel, par ceux qui sont déjà installés à des parents ou amis- pouvait faciliter l’adaptation en Terre étrangère. Ce système joua pleinement pour les Barcelonnettes, depuis les collaborateurs des frères Arnaud, jusqu’à ceux qui quittèrent la Vallée après la dernière guerre [de 1870]» dit le notaire François Arnaud (1897). Il ne faut pas cependant croire que ce phénomène migratoire a pour seule source l’aventure du colporteur Pierre Arnaud. L’intérêt des Français pour le Mexique a coïncidé avec la diffusion à l’époque d’histoires sur l’existence de contrées «inexplorées» du continent américain, provenant des influences romantiques des arts et de la littérature.

Dans ce cadre, plusieurs migrants français commencèrent à voir dans le Mexique le nouvel Eldorado : «On dénombre au fil des témoignages [de voyageurs et d’explorateurs européens], des cuisiniers –payés à prix d’or et quelque peu escrocs, dit Madame Calderon de la Barca, toujours caustique-, des aubergistes –parfois pillés par les brigands qui infestaient les grandes routes-, chapeliers, cordonniers, pharmaciens, ébénistes, tous très appréciés pour leur sérieux et leur habilité, et un grand nombre de couturières et de coiffeurs, celles-là passant pour demander des prix exorbitants, ceux-ci coiffant surtout les hommes. Il y a ainsi un grand nombre de boutiques françaises à Mexico, notamment dans la calle de Plateros, l’actuelle rue Madero» (Claude DUMAS, 1985).

Aussi, d’après les travaux Jean-Christophe DEMARD (1997-2000), il y eût en parallèle une immigration française de type rural, laquelle se développa suite à l’adoption en juin 1822 d’un «projet de loi générale de colonisation, avec trente articles qui justifiaient les raisons économiques de la colonisation [agricole française au Mexique]» . Il s’agissait en effet de peupler les espaces inhabités du territoire mexicain afin d’y fonder des colonies agricoles qui se substitueraient aux populations indigènes, considérées en ce XIX siècle comme «oisives et improductives» : «Ce n’est que par le concours des étrangers que l’agriculture pourra prendre, au Mexique, tout le développement dont elle est susceptible…» ; «Toute politique se heurtait à l’hétérogénéité culturelle et linguistique que représentaient les trois millions d’autochtones –la moitié de la population du pays. Ces indiens constituaient un anachronisme et devaient disparaître… » . On peut aussi deviner dans ce projet des propos xénophobes visant à éliminer les autochtones indiens : « […] Le Gouvernement mexicain favorise ce mouvement [de coloniser avec des immigrés français] de tout son pouvoir, car il s’agit pour lui de refouler hors de son territoire les Indiens Apaches qui occupent actuellement les deux tiers de la Sonora…» .

Effectivement, il y eut un penchant pour la civilisation française (et ses hommes y compris) comme modèle, voire source de progrès à l’européenne. Le XIXème siècle mexicain est marqué par une politique nationale appelé La Réforma, laquelle accueillit des lois ( la Loi Lerdo de disparition des propriétés collectives, la Loi Juarez d’égalité de tous les citoyens aux yeux de la justice, et la Loi de nationalisation des biens ecclésiastiques) incarnés dans la Constitution de 1857. Cette constitution reflétait des tendances idéologiques d’inspiration française issues tant que du côté de l’évolution de l’héritage du despotisme éclairé des Bourbons que de celui de «la révolution parisienne des Trois Glorieuses (juillet 1830) et de l’épisode révolutionnaire de 1848 (Journées de février) ». Elle proposaient ainsi la création d’un Etat-nation à la française, dont la direction serait assurée par une classe bourgeoise et intellectuelle mexicaine qui, il faut le remarquer, était liée à «une classe de commerçants français et anglais» .

2. Œuvres réalisés par les Français du Mexique (sous l’influence des Barcelonnettes).

Certes l’aventure barcelonnette avait fructifié à tel point qu’ils devinrent la majorité d’exilés français au Mexique. Leur pouvoir économique, voire politique devint incontournable. D’après le professeur François Lecaillon de l’Université Paris I (Napoléon III et le Mexique), ils s’emparèrent du principal journal francophone, Le Trait d’Union, qui faisait partie de la presse française naissante : «… [il y eut] un article du 8 septembre 1849 (n°34) intitulé «L’Europe et l’Amérique», consacré à l’émigration –et dont l’esprit «colonialiste» mérite d’être souligné…» . De même, selon Patrice Gouy leurs commerces se constituèrent en un grand monopole à l’époque de la Réforme mexicaine, ils en tirèrent de tels bénéfices que cela leur permit de créer avec d’autres français du Mexique deux institutions : La Société de Bienfaisance et Prévoyance (1842) et Le Cercle français, ces associations leur permirent de se pourvoir d’une infrastructure sociale française dans leur pays d’accueil. D’un coté, la Société de Bienfaisance avait pour but de «soulager les malheureux, d’encourager l’union, l’ordre et l’économie». Le Cercle français de son côté, s’avérait être l’«institution incontournable pour que les Français du Mexique établissent des rapports avec l’élite dirigeante du pays» .

Grâce à ces institutions les Barcelonnettes parvinrent à s’insérer dans la vie nationale du Mexique. L’un des exemples le plus frappant, et que l’on peut considérer comme une lutte pour la reconnaissance de leurs droits communautaires, est celui de la défense des tribunaux de commerce. Le gouvernement de Mexico ayant demandé leur suppression, l’ensemble des représentants du commerce de cette ville signa un acte de protestation qui fut publié dans le journal français le Trait d’Union du samedi 6 octobre 1855. C’étaient majoritairement de noms de commerçants français-barcelonnettes qui figuraient sur ce document, ce qui laisse deviner le degré de pression exercée sur le gouvernement mexicain par la petite classe bourgeoise d’immigrés français: «Comme on pourrait déduire, de tels principes, qu’il serait de nos intérêts de supprimer les tribunaux mercantiles, nous déclarons de la manière la plus solennelle, que nous considèrions (sic) une pareille suppression comme une véritable calamité pour notre classe, et que, bien qu’on ne puisse pas dire que l’organisation actuelle des dits tribunaux soit parfaite, nous nous intéressons néanmoins, à leur conservation, car ils n’ont pas tous les défauts qu’on leur suppose, et ils ne laissent pas que de produire la plupart des avantages qu’on attendait de leur établissement ».

Ce genre d’événements reflétait l’importance des Français du Mexique. À en croire à certains des historiens de la Vallée de Barcelonnette du début du XXème siècle, tels que François ARNAUD, Pierre ARNAUD ou le franco-mexicain Auguste GENIN, les présidents mexicains, même les plus nationalistes comme Don Benito Juarez (1857-1877) ne pouvaient pas se passer de l’appui financier et technologique que ces étrangers pouvaient leur fournir. Pour sa part, un autre historien de la même époque, cette fois-ci américain, Henri B. PARKES (1939), nous rappelle que le poids de la présence française fut ressentie, notamment pendant la «dictature» du président Général Porfirio Diaz : «[il choisit comme ministre de l’économie et des finances José Yves Limantour], fils d’un aventurier français chercheur d’or en Californie et ensuite enrichi, plus aisément comme acquéreur de biens d’église pendant [l’époque du Président Juàrez ou] la Réforme, [qui] appartenait à cette classe de nouveaux créoles arrivés au Mexique depuis l’indépendance]» .

Ainsi, une «colonie française prospère» se développa au Mexique. Elle possédait en effet un réseau de grands magasins ou ««cajones de ropa» (maisons barcelonnettes) vendant en gros toute sorte de tissus de provenances étrangères ou indigènes et articles de Paris» . Ce commerce mènera les Barcelonnettes, dans un second temps, vers une participation à l’industrialisation de leur pays d’accueil : «… la statistique établie par le Temps du 10 mars 1892 [sur le chiffre des transactions avec le Mexique apparemment pas très important] ne se base que sur les marchandises importées, mais […] il faut tenir compte d’un autre facteur, celui de l’industrie française au Mexique et des produits qui y sont fabriqués sur place par nos nationaux. «Ces transactions-là, dit [Emile CHABRAND] avec raison, apparaissent pas à la douane, mais elles ont pour résultat d’amener aux mains des Français, en rémunération de leurs fabricats, des capitaux mexicains qu’ils rapportent en France, invariablement, après fortune faite. Les chiffres que nous indiquons démontrent que, dans tous les pays européens, c’est encore actuellement la France qui tire le plus fort enrichissement après l’Espagne.» Le petit montagnard de France, le Barcelonnette, comme on appelle là-bas, le fils de berger, d’artisan, de marchand, de douanier, de cultivateur, s’en va, sac au dos, la chanson aux lèvres, l’espoir dans le cœur ; il arrive à Mexico, y fait fortune, et après une longue absence, il revient vers ses montagnes natales…».

3. Répercussions

En effet, la mainmise de la classe commerçante franco-mexicaine sur l’Etat mexicain était tellement puissante que, comme il a été dit auparavant, elle intervint dans les affaires politiques du Mexique. Un exemple qui peut illustrer le mieux ce pouvoir acquis par l’oligarchie française est l’attitude prise par la colonie française lors du conflit franco-mexicain des années 1860 appelé La Guerre d’Intervention. Rappelons-nous que le prince-président, puis empereur, Napoléon III était au pouvoir. On sait que sa politique extérieure était imprégné d’un esprit fort colonialiste, dont le but principal visait la conquête de nouveaux territoires qui pourraient lui ouvrir de nombreux marchés de matières premières : «Depuis longtemps l’empereur s’intéresse de près à l’Amérique centrale : exploitation des ressources agricoles et minières, canal transocéanique, marché d’exportation pour les produits industriels français, etc. Par ses dimensions et par l’importance de ses richesses potentielles le Mexique paraît tout naturellement désigné pour attirer les investisseurs et offrir aux manufacturiers français matières premières et débouchés. …» . Ainsi, lorsque des plaintes de nombreux Français du Mexique, qui avaient été affectés par les guerres intestines mexicaines provoquées par l’adoption de la politique libérale plus haut décrite, parvinrent aux oreilles de l’Empereur, celui-ci décida de s’associer à des exilés conservateurs-monarchistes, dont un ami d’enfance de l’impératrice Eugénie, Miramon, afin d’occuper le Mexique et d’y installer une monarchie à la tête du couple princier de la maison des Habsbourg, Maximilien d’Autriche et Charlotte de Belgique (ce qui sera un échec se terminant par l’exécution de cet empereur du Mexique imposé aux Mexicains). Les Français du Mexique y jouèrent un rôle tantôt d’opposants à l’invasion, tantôt de partisans du régime monarchique lorsque l’occupation du pays par les troupes de la mère patrie fut imminente : «Journal des Barcelonnettes le Trait d’Union n’était-il pas de tendance libérale quand Napoléon III allait libérale quand Napoléon III allait choisir l’alliance avec les conservateurs ?…» . Ce propos que l’on peut retrouver dans l’ouvrage de François Lecaillon «Napoléon III et le Mexique», fait allusion à l’attitude ambiguë de la colonie française qui profita des troubles, toujours en se rangeant du côté le plus bénéfique pour ses intérêts financiers. Pendant cette période les Barcelonnettes «surent bénéficier, en raison de leur origine, des nouveaux marchés qu’offraient l’armée et la cour impériale» . Or, lorsque les lois impériales s’avérèrent être inadaptés au contexte mexicain, voire impopulaires, l’occupation française devint un handicap : «Je transmets à Votre Excellence le texte et la traduction du décret du 10 février de cette année […] Le mécontentement des négociants [français] des ports de ce que le nouveau tarif [instauré par ce décret] leur enlevait un énorme privilège, celui de ne payer pour les marchandises destinées à la consommation de leur résidence que les droits principaux…» Ce genre de manœuvres sera, d’ailleurs, l’une des causes du gommage de la présence française au Mexique de l’historiographie de ce pays au moment de la Révolution nationaliste de 1910.

D’un autre côté, si l’on écarte un peu des enjeux politico-économiques, on peut découvrir que le dynamisme et l’implication des immigrés-français barcelonnettes dans les affaires mexicaines élevèrent la colonie française au rang de communauté «l’une des plus élégantes, de plus sympathiques et de plus raffinées» parmi l’ensemble de groupes étrangers. Ces propos, extraits par Claude DUMAS de Lille III d’un journal mexicain de l’époque, nous révèlent ce que je tiens à appeler «le rayonnement de la culture française au Mexique», -malgré les réticences que les historiens spécialistes du Mexique pourraient avoir à cet égard- . En effet, je vois dans la manière dont la présence française s’est affermie, la naissance superstrat culturel français chez une partie de la nation, ou des mexicaine(s), à savoir l’adoption de certains traits culturels apportés par les immigrés barcelonnettes : «… la colonie française a su prendre une place très honorable sur le marché commercial du Mexique… […] Cela leur serait déjà un titre suffisant pour mériter la reconnaissance de la mère-patrie ; mais nos nationaux ont fait mieux, ils ont su se faire aimer par la nation mexicaine toute entière et ils sont parvenus à effacer dans le cœur de son peuple les justes ressentiments qu’avait pu y faire naître la fâcheuse guerre d’Intervention française… » ; «… le Lycée français compte à présent plus de cent quatre-vingt-dix élèves français et mexicains. […] Les jeunes français y apprennnent leur langue sans être forcés de quitter leurs familles pour aller en France ; les jeuens mexicains, à notre contact, prennent nos mœurs, nos habitudes, notre esprit ; en étudiant notre langue, ils apprennent à admirer la France dans ses luttes pour la civilisation et la liberté ; ils retiennent les noms qu’elle vénère, et plus tard, ils seront les soutiens de l’esprit franco-latin…»

Outre l’éducation à la française, le développement financier et industriel franco-barcelonnette au Mexique a laissé des traces, par exemple, dans l’architecture de leurs grands magasins ou de leurs usines. Mais ce qui est le plus frappant est de constater que cette «âme française» se soit introduite même dans l’imaginaire d’une grande partie des citoyens mexicains, notamment pendant l’époque du Président Diaz (1877-1910). A ce propos, des rapports diplomatiques de la Légation de France au Mexique nous rappellent que l’Etat mexicain sous Diaz mena la reconnaissance de la présence de la colonia francesa jusqu’au point de lui permettre de célébrer la Fête du 14 juillet à Mexico même. Cette fête, selon un rapport de 1919, était autre fois «presque une fête nationale» . Ce phénomène d’adoption des traits culturels du groupe étranger accueilli était associé au fait de la dépendance économique mexicaine des puissances étrangères, principalement de la France : «[il existe] une colonie que nous ne voyons pas figurer dans nomenclature officielle [, dit Monsieur Delombre, député des Basses Alpes dans un discours prononcé à l’Assemblée Nationale en 1904,] –et je doute que le cours de géographie si remarquablement fait à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales en tienne compte : c’est le Mexique.» Le discours que nous venons d’entendre, nous éclaire sur l’existence d’un «Etat français» dans le même Etat mexicain. On peut se demander donc si c’était pour cette raison que le Ministre Limantour, dont on a parlé plus haut, représentait un danger pour le Mexique du Générale-Président Diaz. Selon Henri B. PARKES (1939), il convoitait la présidence de la République, dessin auquel les représentants du peuple s’opposèrent bien évidemment. Limantour se chargea toutefois de «sauvegarder les intérêts [étrangers] des risques auxquels la révolution [commencée en 1910] les exposait» , car il faut souligner que : «L’épargne française [jouait à cette époque] un rôle important dans le développement de l’industrie mexicaine, à l’abri d’un système protecteur décrété par un gouvernement intelligent et progressiste[!] […] : les Français de manquèrent pas le bateau. La fondation du fameux Palacio de Hierro en 1891, ce «Louvre» ou ce «Bon marché» de Mexico, peut être le symbole, mais elle avait été précédée par la Compania Industrial de Orizaba (tissus et filés de coton) et par El Buen Tono, la célèbre fabrique de cigarettes qui acquit le premier dirigeable que l’on vit à Mexico pour présente sa publicité.» . Tout ceci avait aussi aboutit à la maîtrise de l’un des piliers de la souveraineté d’un Etat-nation, à savoir le système bancaire national, dont les Français-barcelonnettes contrôlaient la Banque de Londres et Mexico qui s’occupait avec la Banque nationale de l’émission su papier monnaie .
4. Liaison passé-présent.

Enfin, malgré le bouleversement social provoqué par la Révolution mexicaine de 1910, dont l’essence était de mettre en valeur le nationalisme, et malgré aussi le tarissement du courant migratoire à cause de la guerre 14-18. Il existe aujourd’hui tout un patrimoine matériel et humain qui nous rappelle ce qui fut autrefois la civilisation-franco mexicaine : «…On estime que 10% des migrants sont revenus au pays. 55 familles ont fait construire de belles demeures, donnant à Barcelonnette une allure d’une ville d’eau, et un cimetière aux tombes somptuaires. Les 90% restants, peut-être 10 ou 12 000 personnes, sont restés au Mexique et sont devenus Mexicains. On retrouve parfois leurs noms dans la politique, le spectacle, les finances ou l’Eglise, preuve d’une parfaite assimilation. […] Aujourd’hui à Barcelonnette, le Mexique est du passé, la vallée peut vivre sa propre identité, sans avoir à recourir la migration. L’effet de miroir est terminé. Le Mexique n’es plus qu’une saga alimentée à Barcelonnette par l’Avenue Général Porfirio Diaz, le camping Tampico, les villas Maguey, Tapatia, Morelia ou Puebla, la plaque de marbre frappée à l’aigle mexicain…» .

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