Serment aux Armes ? Et bien soit… Mais à celles de ma Nouvelle-France

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 22 septembre 2011

«J’ai beaucoup de sang français dans mes veines et j’en suis fier, mes parents m’ont appris la langue française et le patois de Champlitte, et j’aime parler [ces] langue[s] chaque fois que cela m’est possible; mais si un jour, il y avait la France, il n’y a pas de doute pour moi, je serais Mexicain» (2002 Demard, Rio Nautla Mexique, p.279)
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Le témoignage ci-dessus vient de la bouche d’Arthuro Theurel, Franco-Mexicain né en 1915 dans la province de Veracruz. Il m’a semblé pouvoir illustrer toute la révolte que nous autres bi, tri et pluri nationaux ressentons à l’égard de tout genre de sottises politiciennes telles que j’ai pu les entendre dans les médias franco-français ce matin du 20 septembre de l’an de disgrâce 2011. C’est une révolte de l’ordre intime qui relève de trois facteurs comme l’explique M Theurel dans son témoignage : celui des origines réelles ou supposées, celui des pratiques culturelles dont les langues et celui de l’allégeance à un territoire politique.

Du fait de nos origines multiples, les Franco-Mexicains, sommes un peuple très métissé. La part de sang française peut ou pas correspondre à l’idée que nous nous faisons de notre Histoire. Pour ma part, portant un nom a consonance hispanique contrairement à ce monsieur Arturo, ma part d’Histoire de France est proportionnellement inverse à celle de mon histoire familiale où les Amérindiens occupent plus de 50% de notre patrimoine génétique tel que l’indique le lien ci-contre à droite : « Mon histoire franco-mexicaine officialisée ». Or, pour Arturo, que j’ai eu la chance d’ »interviewer » une fois (cf. Archives du blog), français de sang comme il se revendique, cela semble être le contraire : son Histoire « française » débute en 1833 aux portes de la rade de la Vera Cruz pour se confondre avec celle des « revolutionarios » du XXe siècle.

Ainsi, nos pratiques culturelles diffèrent quelque peu entre pépé Arturo et ce pamphlétaire. Le premier a baigné dans son patois de champlitte et dans une langue française vernaculaire aux accents nord-américains au sein du terroir mexicain alors que le deuxième a appris une langue française scolaire dans les villes cosmopolites de cet extrême-occident, et ce en bénéficiant de la bienveillance de l’une des « Alliance franco-mexicaine » et d’une éducation française donné en partie par des professeurs néofrançais autrement appelés « les Canadiens ». Peu importe, notre rencontre à l’occasion de l’une mes enquêtes sur le terrain (j’étais en doctorat à Paris) s’est faite en français et s’est terminée en espagnol à l’arrivée d’un interlocuteur local, ce qui fut normal puisque nous maîtrisions tous les trois la langue officielle du pays.

Dès lors, quelle allégeance pourrait-on nous imposer si, dans son témoignage, A. Theurel, a tranché et choisi son camp. En cas de conflit franco-mexicain, il s’alignerait du côté de ceux avec qui il partage le pain et les peines. Moi c’est de même, lors de la dernière malencontreuse controverse sur l’année du Mexique, j’ai fait la sourde oreille des prises de position politiques de part et d’autre de l’Atlantique et je me suis senti compatir avec tous ces artistes, médiateurs et organisateurs qui ont vu leurs productions culturelles prises en otage peu importait leurs passeports. En revanche, contrairement à toute apparence, je n’étais pas aucunement familier de ces manifestations culturelles mexicaines dans ce que qui est malheureusement à présent mon pays (la France du début du XXIe siècle). J’étais plus préoccupé par le fait de continuer à faire fructifier mon OSBL de promotion de la Francophonie des Amériques*, dont celle du Québec qui occupe une grande place dans mon investissement patriotique comme le montre ma photo en sus en vignette… Et toc ! : Et si le prochain président mexicain avait-il des origines françaises ?

Une Réponse à “Serment aux Armes ? Et bien soit… Mais à celles de ma Nouvelle-France”

  1. *PS. Lorsque francophones des Amériques arrivent en France métropolitaine, on ne cesse de nous dire « ah qu’est- que vous parlez bien le français ! », et ce non sans une certaine condescendance !!! Lorsque le Métro s’expatrie, il risque d’attraper une certaine maladie, celle du colon ou du « maudit français » comme diraient les québécois : soit il inscrit ses enfants à des écoles anglophones (au Canada), soit il nous regarde comme le petit indigène qui a tout à apprendre de la culture européenne (en Amérique latine). C’est la raison pour laquelle je me suis engagé dans la défense du « fait français » en Amérique du Nord pour montrer au Métro que non, il ne détient pas le monopole de la culture et de la langue, que oui, nous existons et que certains avons choisi de trouver refuge dans la vieille France pour continuer à vivre dans « notre » langue…

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