« Patriote un jour, patriote toujours » : Marche pour la langue française

Posté par nouvellefrancemexiquefrance le 9 juillet 2011

2550612119870621739871000008808462725621345019460n.jpgLa langue française réconfortant le narcissisme, quel bon plan ! Je reprends mon écriture après une autre longue période pour des raisons professionnelles. Eh ben ouais, il faut toujours un prétexte pour recommencer. Cette fois-ci, c’est à la demande d’un très bon amis montréalais que j’entame cette anecdote :

Patriote un jour, patriote toujours

J’ai été témoin direct du déroulement de la « Marche pour la langue françaises et la francophonie dans le monde » qui s’est tenue en plein coeur de Paris le 18 juin dernier. Je ne pouvais pas m’empêcher d’y être présent parce que c’est le français, « langue de la République » selon l’article 2 de notre constitution, qui m’a éduqué et formé. Je me dois donc de lui être reconnaissant (cf. billets précédents). En plus, une marche pour la « défense » de la langue qui aurait lieu à Paris, ça, c’était une première : la francophonie européenne se trouverait-elle en situation de minorité ?

C’est de cette manière que je mes suis retrouvé un après-midi de passages nuageux et de petites averses (samedi 18 juin) Place du Panthéon. À mon arrivée, ce qui m’a frappé a été de voir une dizaine d’énormes drapeaux québécois flotter. J’en étais fier parce que plusieurs associations pro- »cause québécoise », dont Paris-Québec et celle que je préside Mouvement Amérique française, avions passé du temps a diffuser à travers les grands réseaux sociaux l’invitation à cette manifestation. Aussi parce que c’est ce drapeau qui me rapproche le plus d’une langue française qui m’était familière jusqu’à mon installation définitive en France métropolitaine. D’un point de vue québécois, on peut considérer que j’participé d’un acte patriotique, celui de la défense et de la promotion d’une langue à laquelle je tiens car c’est au sein de laquelle je vis comme c’est le cas pour d’autres de mes « concitoyens » de régions d’Européens telles que la Wallonie (Belgique) ou la Vallée d’Aoste (Italie).

Je me suis ainsi retrouvé face à un grand contingent de Belges qui prônaient leur (r)attachement à la france. Aussi, j’ai vu avec une certaine réjouissance des dizaines de Français qui arboraient avec enthousiasme des drapeaux québécois. C’était normal, des membres d’Impératif français, association québécoise étaient de la partie. Quelle belle surprise de voir flotter aussi un drapeau acadien porté par un vieux Français qui se vantait de nombreux allers-retours en notre Vieux Monde et les nouveau continent où niche ce pays de la Cadie qui s’étend de Pointe à l’Église (Nouvelle-Écosse) jusqu’à Rustico (Île-du-Prince-Édourad). Moi, en attendant le coup d’envoi de la marche, j’avais mon esprit en Nouvelle-France devant l’immense baie bleue du Saint-Laurent et face au vert brillant du parc des Plaines d’Abraham et à celui du Mon-Royal, je pouvais ressentir autant la froidure rongeant dans les os (un nuage était passé par là) à Pointe-Lévy que la chaleur moite du canal de Chine. Mais soudain, la voix d’Albert Salon, ancien diplomate français, président de l’association organisatrice, Avenir de la Langue Française, m’a ramené sur mon champ de bataille. Je me passerai de citer des longs extraits des longs discours de ce Monsieur Salon et des interventions des politiciens et autres personnalités étant donné que ces notables s’accordaient sur le même point : la langue française souffre de la perte de rayonnement de la France et de l’imposition de l’anglo-américain comme lingua franca, sentiment partagé par la foule et prétexte pour se rendre présente. L’anglais c’est du cash, l’anglais c’est du business et le français ne sert même plus comme langue de l’intellect et de la diplomatie. Mais qui était avec nous, à peu près deux cents personnes ? « C’est pas pire mais c’est tu du beau du monde fier de même » diraient mes cousins.

Dès lors, tous dans ses rangées, les belges avec les belges, les algériens avec les algériens et, moi et ma « gang », avec les Français portant des drapeaux québécois ! Car les québécois n’étaient qu’à peine une dizaine. Qu’est-ce qui nous avait pris moi, Franco-Mexicain, et mes compatriotes Métropolitains pour nous accrocher à ce drapeau ?! Peut-être la réponse se trouvait dans le tas de pancartes qu’on lisait de part et d’autre sur lesquelles il y avait inscrit : « Vive le Québec en français ! » En effet, le fleurdelisé est encore capable d’éveiller l’espoir en l’avenir de la francophonie parce qu’il représente, pour le Français connaisseur de l’hasardeuse Histoire du Canada français, une sorte de résistance, histoire, mémoire et identité de résistance… Merci Monsieur le Général De Gaulle, vous pouvez continuer à dormir sur vos deux oreilles.

Départ donc à travers les rues de Paris. Comme aux beaux jours des manifs de 68, nous sommes descendus par la Rue Soufflot en ayant à l’horizon l’emblème international de la France, la Tour Eiffel. Le trajet a continué à droite sur le Boulevard Saint-Michel pour en suite tourner encore à droite Boulevard Saint-Germain poursuivre le trajet jusqu’au bout, c’est-à-dire devant Jussieu. Qu’est que je me suis fait plaisir à scander : « y en a marre de l’anglais » sous toutes sortes de tournures de phrase et de chansonettes. Je garderai toujours dans mon esprit les visages des touristes et des bourgeois parisiens, peut-être anglophiles, stupéfaits qui se demandaient ce que notre cortège faisait là si on n’était pas en train de réclamer un retour au temps des colonies : Malheureusement l’image de notre langue et de toute revendication qu’on puisse faire du droit à la parler est associée à la dernière aventure coloniale de ma Patrie. Le Français moyen éprouve une honte de se revendiquer francophone et ne rêve que de devenir bilingue anglais, condition sine quoi non pour pouvoir connaître un succès au sein de cet univers qu’on dénomme « la France d’en haut ».

C’est l’une des raisons pour lesquelles, au beau milieu de la foule, j’entendais des critiques sur l’omniprésence d’un parler qui s’impose de jour en jour et de siècle en siècle, depuis la fin de la guerre de Sept Ans (1763) en passant par la signature du Traité de Versailles (1919) jusqu’aux années 2000, ère du boum néo-libéral…
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